Immersion dans le pays Toraja

Cette semaine, nous sommes au Sulawesi, immense île au nord de Java et Bali. Le Sulawesi (signifiant: poignard de fer) est une ancienne colonie néerlandaise. L’endroit est moins connu par les touristes européen mais ça ne saurait tarder. L’île possède une riche culture, des plages à tomber avec spots de plongée et des paysages plus que variés. Notre séjour ici, a pour but la découverte d’une culture bien différente de tout ce qu’on a pu voir avant: le peuple Toraja.

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Les Torajas ne sont pas faciles à atteindre, nous avons pris un avion vers Makassar, puis nous avons passé 9h dans la voiture. La route est passée plutôt vite car nous avions tous, les yeux rivés sur le paysage. On voit des maisons sur pilotis, des villages de pêcheurs, des falaises calcaires, des rizières… On ne s’ennuie pas. A la pause, on goute le pamplemousse indonésien, très sucré et de la taille d’une pastèque. On s’arrête aussi boire un café indonésien ( particulièrement bon) devant la colline érotique.

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Vers 16h, nous apercevons, les premières maisons Torajas typiques. Elles sont uniques au monde!!! D’après la légende, elles sont inspirées par la vision d’un bateau depuis les collines. C’est tellement artistique, la forme, les peintures. A l’origine, elles sont construites par emboîtement des pièces en bois, aucun clou . C’est une prouesse, on adore.

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A 20h, nous arrivons à Rantepao, la ville touristique du coin. Une bonne nuit à l’hôtel nous attend.

On plonge dans les coutumes locales dès le lendemain matin. David, notre guide, nous emmène à une cérémonie funéraire. Les Torajas vouent un très grande importance à tout ce qui entoure la mort. Elle est omniprésente dans leur vie… Alors quelques explications: ils ont une manière bien à eux de s’occuper de leurs défunts. J’ai trouvé très intéressante la manière dont ils font leurs deuils.

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Premièrement, quand un proche meurt, la famille conserve le corps du mort (dans le formol) durant 1 à 10 ans dans la maison. Ils considèrent que la personne est « malade ». Son âme est toujours là. Chaque jour, la famille apporte nourriture, boisson et même cigarette en offrande aux défunts.

Pendant de longs mois, les enfants discutent de la meilleure date pour la cérémonie. Ce n’est que lorsque leur chagrin s’est calmé et qu’ils sont prêts à laisser partir leur parent que les préparatifs de la cérémonie commencent.

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La cérémonie dure 3 jours. Des centaines de personne sont invités. On construit « un village éphémère » en bambou spécialement pour acceuillir les funérailles.

Pour que l’âme du défunt aille au « paradis », des bêtes sont sacrifiées et partagées dans toute la communauté. C’est un peu le « dernier » cadeau que fait le défunt avant de s’en aller. Les cochons et buffles sacrifiés sont amenés par les invités et la famille. Certains enfants économisent toute leur vie pour acheter un buffle unique (celui ayant les plus belles cornes…) Lors de notre visite, un buffle albinos de 50 000 euros a été sacrifié!

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Lorsqu’une femme meurt, la cérémonie est encore plus grande. Chez les Torajas, la femme a une place centrale et est vénérée car elle donne la vie.

Il existe pleins de subtilités à toutes ces traditions. J’ai voulu vraiment simplifier les explications, je ne suis clairement pas une experte en civilisation.

Du coup, on assiste à la « boucherie », les buffles sont égorgés les uns après les autres (on en verra 8 sur la trentaine du jour). Le « spectacle » est étonnamment silencieux, pas un buffle n’essaye de se soustraire à son destin (alors qu’il vient de voir 3 de ses camarades agoniser). Les Torajas, chantent, bénissent les animaux et sélectionnent avec soin l’ordre de passage de chaque bête. A la fin, tout est utilisé: viande, peau et même cornes qui décoreront la maison de la famille.

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Nous quittons ces réjouissances pour aller voir, où va être amené le corps du mort. Les Torajas n’enterre pas leur mort dans la terre. Ils creusent des tombeaux dans la roche. Devant chaque tombeau, on trouve une sculpture en bois à l’effigie du mort. Ce sont les Tatau (prononcé Toto). Certains sont surprennants.

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Lorsqu’ils enterrent un bébé, les Torajas creuse une tombe à l’intérieur même d’un arbre. Cette culture est tellement différente, on découvre un autre monde.

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Pour les classes, les plus basses qui n’ont pas les moyens de construire un tombeau, il existe des grottes sacrées plus ou moins anciennes où sont amenés les cerceuils. On a visité ces étranges lieux. C’est improbable! Pas de fleurs sur les tombes, mais cigarettes et bouteilles en offrandes sont nombreuses. On visite ces cavernes à la lumière d’une lampe à pétrole, je vous dit pas l’ambiance!

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On visite aussi le marché aux bestiaux, où bien sur on ne regardera plus les buffles de la même manière.

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La suite de la semaine sera plus poétique. On va randonner dans les rizières au milieu de ces beaux villages en bois, de ces maisons et greniers à riz tous plus beaux les uns que les autres.

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On va dormir chez l’habitant et manger des plats cuits dans le bambou. L’électricité n’est pas toujours au rendez vous, mais les cafards le sont toujours humhum…

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David nous fait bien rire lors de sa démonstration des milles et une façons de porter un sarong!

Les rizières sont bien différentes de celles qu’on a déjà vu. Des roches volcaniques énormes expulsées du volcan donne un bel effet déco. Il y a aussi cet étrange trou d’eau au milieu de la riziere. Notre guide nous explique que de petits poissons vivent dans la rizière et par la force des choses se retrouvent dans ce petit « bassin » où ils se font pêcher.

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Ici, le champs de blé parsemé de coquelicot est remplacé par la rizière fluorescente survolée par des dizaines de libellules rouges. C’est vraiment beau.

On marche entre les arbres en fleur et à chaque coin de chemin: cabosse de cacao, plant de café, arbre à clou de giroffle, orchidées sauvages, gingembre, goyave, tamarin…. Un vrai potager naturel!

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On s’arrête au dessus des nuages. Les villages ici sont accessibles uniquement en moto par une « route » de cailloux. Une infirmière passe au dispensaire une fois par mois! Le marché est ambulant: une moto surchargée de produits de la vallée fait le tour des villaged. Ici vivent des familles entières au calme entre rizière et cacao. J’ai une pensée pour cette jeune femme enceinte jusqu’au cou entre ces collines à plus de deux heures de la ville en moto par des chemins quasi infranchissables. On est bien loin de chez nous.

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Retour à Makassar, avec de sacrés souvenirs en tête. On a particulièrement aimé découvrir cette région qui ne ressemble à aucune autre sur Terre. Mon coup de coeur, c’est le toit de ces maisons qui surgit entre les arbres. C’est tellement enrichissant de savoir qu’il existe encore des peuples avec de telles traditions, on a adoré à 100% cette semaine en complète déconnexion avec les habitudes occidentales.

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